Aventure humaine.  Beauté.  Historique.

Salle de la Comtesse

Bissy sur Fley, Saône-et-Loire (71).

Cette « chambre à feu » possède une cheminée qui, avec son caractère flamboyant est très semblable à celle de la salle basse. L’usage de cette pièce était également diversifié. N’oublions pas que dans ce château familial les différentes chambres pouvaient être affectées à tel ou tel membre de la maisonnée. Nous avons décidé de la nommer « salle de la comtesse » parce qu’une comtesse en fut la dernière résidente dans les années 1970.
Auparavant et jusqu’à la seconde guerre mondiale, une famille de fermiers et de métayers l’occupait. Aussi l’espace avait été cloisonné, la fenêtre de la cour élargie et les murs plâtrés. Les poutres sont datées des années 1549/1550, comme toutes celles du logis, et témoignent bien d’une réédification complète au milieu du 16ème siècle. Elles sont par ailleurs moulurées de façon semblable à celles que vous retrouverez dans la salle basse. Elles étaient malheureusement très fragilisées et ont donc bénéficié des techniques de consolidation à l’aide de résines et d’armatures en fibre de verre.
Après la démolition des cloisons, l’espace retrouva son volume initial. Puis, la restauration se porta sur les murs en commençant par le piquetage des crépis au ciment du 20ème siècle pour certains murs et un déplâtrage soigneux pour d’autres. Puis il fallut recréer les enduits à la chaux sur les murs mis à nus et un complément d’enduits pour les parties conservées. Après un badigeon de chaux, les encadrements des ouvertures furent mis en décor. Au cours de ce travail de restauration, mené par un chantier bénévole, après que les murs furent déplâtrés et débarrassés des enduits successifs qui les avaient recouverts depuis leurs origines, sont apparues progressivement des traces de décors peints. Des relevés furent réalisés ainsi que des essais de restauration.

Ceux-ci permirent de lancer une restauration complète du décor du mur sud. Si toute la pièce était, sans aucun doute, décorée de la même façon, les autres murs ne possédaient pas suffisamment de restes pour être traités si ce n’est le côté droit du manteau de la cheminée. On peut maintenant y découvrir un profil féminin avec une coiffure du 16ème siècle. Nous aimons y voir Pasithée, la muse de Pontus de Tyard ; cependant comme le logis actuel a été édifié par son père ou par son frère, nous n’avons aucune certitude sur le commanditaire réel du peintre. Le mur, quant à lui, présente une végétation exubérante et fantastique, faisant penser au jardin d’Eden, même si son interprétation est difficile du fait de ses lacunes. Avec le temps, les couleurs ont toutes évolué vers le gris si ce n’est les boutons floraux présentant encore de l’ocre. Le restaurateur Luigi Vettori y travailla plusieurs mois en commençant par un rebouchage soigneux des piquetages qui avaient permis d’accrocher les plâtres du 19ème siècle puis une mise à la teinte des parties reconstituées. Un nettoyage fin et des retouches « a trattegio » des lacunes (réalisées à l’aquarelle et donc réversibles en accord avec la Conservation Régionale des Monuments Historiques) permettent aujourd’hui de s’imprégner de ce décor.
On peut noter deux communications depuis cette pièce : une vers le fournier qui abrite le four à pain et a pu servir de cuisine et une vers le cabinet dit de la prison dans la tour barlongue (en fer à cheval) adjacente au logis côté rue. Ne se visitent pas.