Aventure humaine.  Beauté.  Historique.

Salle de la Bibliothèque

Bissy sur Fley, Saône-et-Loire (71).

Nous avons choisi d’appeler cette chambre haute : « salle de la bibliothèque » puisque le château de Bissy abritait une des plus grandes bibliothèques du royaume : celle de Pontus de Tyard. Ces livres pouvaient être dans un petit cabinet adjacent comme celui de la tour carrée ou bien dans cette grande salle assurément la plus belle pièce du château lorsqu’il y résidait et qu’il aimait recevoir ses amis à Bissy.
Après la restauration du plafond de la salle basse décrit dans celle-ci, nous avons pu réaliser ce plancher bien qu’à l’origine le sol était sans doute pavé de terres cuites. Une fois les murs restaurés il fallait se déterminer sur le plafond dont il ne reste plus qu’une travée. Comme il manque une poutre intermédiaire et que celle présentée sur deux gros corbeaux ne peut assurer une fonction normale, nous avons décidé de garder ce volume original. Il permet ainsi de voir le château en coupe et de découvrir le dernier étage qui, à l’époque permettait sans doute de loger toute la domesticité de la maison. On peut remarquer la porte d’accès donnant en haut du grand escalier à vis. Aussi un chantier bénévole eut pour tâche de garnir de voliges le dessous des chevrons afin de rendre cette pièce plus chaleureuse. On peut remarquer que la travée en place du plafond ne présente pas les caractéristiques d’un plafond à la française car les solives sont trop espacées pour permettre de placer des planches dans le même sens mais oblige à les poser de façon perpendiculaire. On peut remarquer également que sa poutre n’est pas travaillée de belle façon (étrange pour une salle de prestige) et qu’un reste de volige suggère que ce plafond a pu être « habillé ». Alors quand un érudit au début du 20ème siècle parle d’un plafond à caissons, comment ne pas être conduit à l’imaginer ici même ?

Une porte basse mais à l’appareillage soigneux permet curieusement d’accéder au petit colombier du dessus de la chapelle. On peut se faufiler par un passage très étroit et tortueux vers l’intérieur de celui-ci. L’édification au 16ème siècle du grand colombier du jardin a sans doute provoqué la désaffection de celui-ci ce qui est assez logique au vu de sa proximité avec une belle pièce à vivre (désagréments dus au bruit et aux odeurs). Il est vraisemblable que les changements familiaux de la deuxième moitié du 16ème siècle aient provoqué l’abandon d’un projet de travaux à son emplacement.
Vous allez emprunter (attention soyez prudents) pour redescendre à la salle basse le petit escalier à vis du sud du logis. Celui-ci est beaucoup plus ancien que le grand escalier. Il dessert les petits cabinets de la tour carrée, un petit appentis avec des latrines sur consoles (ne se visitent pas) et redescend également aux caves sous la salle basse. Ses marches étaient fracturées menaçant la structure même de la tourelle. Des techniques identiques à celles employées pour la poutraison (perçage des marches dans leur longueur entre les murs et le noyau central puis résine et fibre de ver) lui redonnèrent une structure cohérente. Les murs furent renduits à la chaux en conservant des témoins chaux (15ème siècle?) et plâtre (16ème siècle).